La fin du monde dure 30 minutes de Camille Paulhan / sur Hommage à New York de Jean Tinguely

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En janvier 1960, l’artiste suisse Jean Tinguely débarque à New York. Quelques semaines plus tard, il installe dans le jardin du Museum of Modern Art (MoMA) une œuvre-machine, Hommage à New York, censée s’autodétruire en trente minutes. Sous les yeux d’une foule endimanchée, les pieds dans la neige fondue, la performance dérape. Les uns s’en amusent, d’autres s’en inquiètent.

Ce qui s’est joué le 17 mars 1960 est une tragi-comédie truffée de roues de vélos, de landaus et de vieux moteurs. Ses spectateurs ont été à la fois les témoins d’une joyeuse mise à feu et les complices d’une grave catastrophe.

Le message de Hommage à New York n’a pas pris une ride depuis 1960: l’insouciance avec laquelle le monde court au désastre est plus que jamais d’actualité.

Hommage à New York produit quelque chose de plus fort qu’une destruction symbolique : un danger réel. Quelques-uns le ressentent — comme les employés du MoMA qui ont vécu le drame de l’incendie du bâtiment deux ans auparavant —, mais beaucoup n’en ont pas conscience.

L’attraction n’est plus alors la défaillance de Hommage à New York, mais le comportement de la foule rassemblée dans le jardin du MoMA, petit échantillon étatsunien dans le déni de la face sombre de l’American Dream incarnée par les machines lucifériennes de Tinguely.

En 1960, Jean Tinguely n’est pas encore l’artiste mondialement connu pour ses œuvres cinétiques motorisées et jubilatoires, populaires et accessibles. Le Tinguely « luciférien » n'est pas le plus célèbre aujourd'hui, pourtant il est sans doute le plus contemporain, et d’actualité.

Fondé sur les recherches de l’auteure dans les archives du MoMA et du musée Tinguely de Bâle, La fin du monde dure 30 minutes rejoint, par des routes fort différentes, le n°3 de « La vie privée des œuvres » - Situation explosive ! de François Coadou - sur le terrain de la création engagée dans les troubles de son époque.

À propos de l'auteure Camille Paulhan

Camille Paulhan, La fin du monde dure 30 minutes, 10,5 x 17 cm, 56 pages, 10 euros, ISBN 978-2-9589543-9-0. Cinq illustrations n&b et couleurs sur les plats de couverture, intérieur au noir : présentation de la collection, biographie de l’auteur, texte, notes et bibliographie. Conception graphique : ABM Studio (Paris). Diffusion-distribution : Serendip-Livres. Parution en librairies : octobre 2026.

Avec le soutien du Centre national des arts plastiques

David Gahr, "Hommage à New York" de Jean Tinguely, © Gahr/Tinguely
David Gahr, "Hommage à New York" de Jean Tinguely, © Gahr/Tinguely

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